Le mythe des muscles

Pourquoi “se renforcer” ne transforme pas toujours la douleur

6/1/20262 min read

Ce qui se passe dans le corps

Vous êtes dans un exercice de renforcement.
Le geste est simple : tenir, contrôler, produire.

Très vite, le corps s’organise.
Un ajustement.
Puis un autre.

Une zone s’active davantage.
Une autre vient stabiliser.

Puis une sensation apparaît :
celle de devoir en faire un peu plus pour que le mouvement tienne vraiment.

Un peu plus de tension.
Un peu plus de contrôle.

Comme si la solidité passait par là.

Et pourtant…
la sensation dans le mouvement ne change pas forcément.

L’idée qu’on retrouve souvent

On nous a appris une logique simple :
si ça fait mal, il faut renforcer.

Donc plus de muscle = plus de stabilité = moins de douleur.

Et lorsque la sensation persiste,
la conclusion semble évidente :
il faut continuer, ou faire davantage.

Ce que l’on observe

Le muscle peut devenir plus fort.

Mais dans le mouvement réel,
ce n’est pas uniquement la quantité de force qui compte.

Chaque geste repose sur une organisation globale :
répartition des efforts, coordination, ajustements continus.

Dans certaines situations,
ce qui limite le changement n’est pas la force disponible,
mais la manière dont elle s’intègre dans le mouvement.

Un mouvement peut devenir plus fort…
sans devenir plus confortable.

Le schéma qui se répète

On renforce → on ajuste → on reteste.

Le geste devient plus tenu.
Plus contrôlé.

Parfois plus rigide.

On produit davantage…
mais on organise différemment.

Et la sensation évolue peu.

Avec le temps,
le mouvement peut demander plus d’attention,
sans devenir plus simple à réaliser.

Une autre lecture

Un muscle ne fonctionne jamais isolément.

Il participe à une organisation d’ensemble,
qui s’ajuste en permanence.

Dans cette lecture, la question change légèrement :

Ce n’est plus seulement
“est-ce que c’est assez fort ?”

Mais plutôt :
“dans quelles conditions ce mouvement devient-il confortable ?”

Le confort devient alors un indicateur simple :
il reflète la qualité de l’organisation du geste.

Un mouvement plus efficient n’est pas forcément plus puissant,
mais souvent plus facile à réaliser,
avec moins de corrections et moins d’effort global.

Piste finale

Dans certaines situations,
le renforcement ne transforme pas immédiatement l’expérience du mouvement.

Ce qui évolue parfois,
c’est la manière dont le geste s’organise.

Quand cette organisation change,
le mouvement peut devenir plus fluide,
et progressivement plus confortable.

La douleur ne disparaît pas toujours immédiatement.
Mais la place qu’elle prend peut, elle, se modifier.

Si vous avez déjà eu la sensation de “faire plus” sans que le mouvement ne devienne vraiment plus confortable,
il peut être pertinent de regarder au-delà de la seule notion de force.

Dans certains cas,
c’est en observant autrement l’organisation du mouvement
que certaines situations commencent à évoluer.

Contact

Laurence Thibault

Masseur-Kinésithérapeute DE

Saint Jean d'Illac (proche Mérignac et Bordeaux)

Accompagnement fibromyalgie et douleurs persistantes- Massage Thérapeutique

RPPS : 10005452031– SIRET :42457809400072
Inscrite au Conseil Départemental de l’Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes de la Gironde

Exercice hors convention – facture fournie pour mutuelle

Crédit photos: Ph. CAUSSE

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