Douleurs chroniques : l’importance de la mémoire corporelle

Dans les douleurs chroniques, la douleur ne dépend pas uniquement du mouvement présent, mais aussi des apprentissages sensorimoteurs construits au fil des expériences.

9/7/20262 min read

1. Ce que vivent souvent les patients

Dans les douleurs chroniques, il est fréquent que le corps semble :

réagir avant même le mouvement

anticiper certaines situations

déclencher une douleur dans des contextes connus

générer une appréhension avant le geste

Parfois, la douleur apparaît dans des situations similaires, même sans différence majeure d’effort.

Comme si le corps “se souvenait”.

2. Une expérience fréquente et déroutante

Les patients décrivent souvent :

“mon corps anticipe”

“je sais que ça va faire mal”

“ça revient toujours dans les mêmes situations”

Cette expérience peut donner l’impression d’une douleur automatique ou imprévisible.

3. Une autre lecture : l’apprentissage du système

Le corps ne fonctionne pas uniquement dans l’instant présent.

Il apprend à partir des expériences passées.

Dans les douleurs chroniques, le système nerveux peut progressivement :

associer certains mouvements à des expériences douloureuses

renforcer certaines réponses dans des contextes similaires

anticiper des situations perçues comme risquées

Il ne s’agit pas d’une mémoire consciente, mais d’un apprentissage implicite du système de protection.

4. Quand le corps anticipe

Avec le temps, certaines situations deviennent “chargées” :

se pencher

porter

rester debout longtemps

reprendre une activité

Avant même le mouvement, une anticipation peut apparaître.

Cette anticipation influence alors la manière dont le mouvement est organisé.

5. Une organisation basée sur l’histoire corporelle

Dans ce cadre, la douleur dépend :

du présent

mais aussi des expériences passées

des associations construites au fil du temps

Le corps n’enregistre pas seulement un événement.

Il construit des relations entre contexte et réponse.

6. Ce que cela change en clinique

La question devient alors :

non pas seulement “qu’est-ce qui déclenche la douleur ici ?”

mais “comment ce système a-t-il appris à répondre dans cette situation ?”

7. En pratique kinésithérapique

Une partie du travail consiste à :

identifier les situations associées à la douleur

comprendre les schémas d’anticipation

replacer les réactions dans leur apprentissage

introduire progressivement de nouvelles expériences de mouvement

Objectif : modifier les associations, pas seulement traiter un symptôme.

Conclusion

Le corps ne se contente pas de réagir.

Il apprend à réagir.

Contact

Laurence Thibault

Masseur-Kinésithérapeute DE

Saint Jean d'Illac (proche Mérignac et Bordeaux)

Accompagnement fibromyalgie et douleurs persistantes- Massage Thérapeutique

RPPS : 10005452031– SIRET :42457809400072
Inscrite au Conseil Départemental de l’Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes de la Gironde

Exercice hors convention – facture fournie pour mutuelle

Crédit photos: Ph. CAUSSE

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