Douleur chronique : pourquoi vouloir “bien se tenir” peut aggraver les tensions
Laurence THIBAULT
5/18/20262 min read


Vous reconnaissez ce moment ?
Vous êtes assis·e.
Votre attention glisse vers votre dos.
Vous vous redressez légèrement.
Quelques secondes passent…
Et vous vérifiez à nouveau. Puis encore.
Et plus vous essayez de “bien vous tenir”, plus le corps semble se contracter, comme s’il devait être ajusté en permanence.
Ce paradoxe, beaucoup de personnes vivant avec des douleurs chroniques le connaissent bien.
D’où vient cette idée ?
On nous a appris qu’il existerait une posture idéale à atteindre… et surtout à maintenir.
Alors on essaie de “bien faire” :
se redresser, rentrer le ventre, aligner le dos, replacer les épaules.
Mais à force de surveillance, le corps cesse d’être vécu de l’intérieur.
Il devient quelque chose qu’on corrige, qu’on ajuste… presque comme un objet extérieur.
Ce qui se passe vraiment dans le corps
Dans ce type de situation, la posture est souvent réévaluée très régulièrement, parfois sans même s’en rendre compte.
À chaque retour de l’attention, de micro-ajustements apparaissent :
les épaules se verrouillent un peu,
la respiration descend moins profondément,
le ventre se retient légèrement.
Rien de spectaculaire.
Mais sur la durée, cela peut modifier l’état du corps.
Il passe d’une organisation spontanée à quelque chose de plus tenu, plus contrôlé.
Et ce maintien peut progressivement installer une sensation de rigidité… ou une fatigue diffuse.
Une expérience fréquente
Beaucoup de personnes décrivent une alternance assez similaire :
un redressement volontaire,
un soulagement bref,
puis l’apparition progressive d’une tension dans la nuque ou le haut du dos.
À partir de là, un doute s’installe :
“Est-ce que je suis bien placé… ou pas ?”
Et le corps commence à osciller entre ajustement et inconfort.
À un moment, il devient moins un espace de soutien…
qu’un espace de surveillance.
Et si on regardait autrement ?
Le corps n’a pas forcément besoin d’être tenu en permanence.
Il sait déjà s’ajuster, en continu, sans effort conscient —
quand on marche, quand on respire, ou lorsque l’attention est ailleurs.
Une posture vivante n’est pas une position parfaite à maintenir,
mais un équilibre qui se réorganise en permanence, avec un minimum de tension inutile.
Dans cette lecture, la douleur chronique n’est pas seulement liée à une “mauvaise posture”.
Elle peut aussi être liée à la difficulté à sortir d’un mode de contrôle permanent.
La piste concrète
Et si, au lieu de corriger votre posture…
vous laissiez simplement la surveillance se relâcher un instant ?
Sans chercher à modifier quoi que ce soit.
Par moments, rien de particulier ne change.
Et parfois, quelque chose dans l’organisation du corps peut évoluer légèrement.
Contact
Laurence Thibault
Masseur-Kinésithérapeute DE
Saint Jean d'Illac (proche Mérignac et Bordeaux)
Accompagnement fibromyalgie et douleurs persistantes- Massage Thérapeutique
RPPS : 10005452031– SIRET :42457809400072
Inscrite au Conseil Départemental de l’Ordre des Masseurs-Kinésithérapeutes de la Gironde
Exercice hors convention – facture fournie pour mutuelle
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